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Photobiomodulation

Le guide pour soigner le cerveau avec la Photobiomodulation

(english version)

Avertissement :
Avant de lire cet article, gardez à l’esprit que je ne suis qu’un père qui utilise la Photobiomodulation transcrânienne pour soigner le cerveau de son enfant. Je me renseigne beaucoup, je lis énormément d’études scientifiques sur le sujet… MAIS je ne suis pas un chercheur neurologue spécialisé dans la Photobiomodulation. Donc restez critique sur ce que vous allez lire et faites vos propres recherches !

Pourquoi cet article ?
Depuis que je me suis beaucoup documenté sur cette thérapie et que je l’utilise, je vois énormément de parents ou de conjoints qui souhaitent aider et faire progresser leurs proches… mais qui malheureusement s’y prennent mal ! En effet, il y a un manque flagrant d’accompagnement. Les professionnels compétents sont rares (encore plus en France) et, pour l’instant, les informations techniques se trouvent principalement dans les études scientifiques.
Pour moi, c’est un crève-cœur d’échanger avec un parent qui souhaite tout faire pour aider son enfant handicapé, mais qui utilise un appareil de Photobiomodulation inadapté et avec de mauvais paramètres…
C’est pourquoi j’ai décidé de rédiger cet article, afin de guider ceux qui sont confrontés au handicap.
Je ne rentre volontairement pas (trop) dans les détails techniques (je vulgarise !), mais si vous allez plus loin, vous pourrez trouver davantage d’information dans les autres articles de ce site. Une dernière recommandation avant de commencer l’article : ne vous lancez pas seuls et faites-vous aider par un expert. Je pense plus particulièrement à Anita Saltemarch.

Point sur la Photobiomodulation transcrânienne :

Lorsque j’écris cet article, en 2021, la Photobiomodulation reste expérimentale. Les études scientifiques analysant ses effets sur le cerveau s’enchaînent à un grand rythme, mais nous ne sommes pas encore arrivés à une époque où cette thérapie a été adoptée par les neurologues. Donc si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure, seuls, vous allez devoir reproduire précisément ce qui a été validé dans les études scientifiques. De plus, selon la pathologie à soigner, il y aura plus ou moins de preuves scientifiques. Donc pas de place à l’improvisation !

Se lancer seul, quels sont les risques ?

Thérapie expérimentale + autonomie = risques potentiels

À l’heure actuelle, aucun effet secondaire négatif majeur n’a été observé après l’utilisation de la Photobiomodulation, mais cela ne veut pas dire que vous ne vous exposez pas à d’éventuels risques. Surtout si vous vous lancez sans préparation.
En faisant n’importe quoi, vous pourriez par exemple vous bruler la peau (un appareil trop puissant peut chauffer !).
Ou pire (imaginons l’extrême), vous pourriez empirer l’état d’un patient. Mais sans dramatiser, à procéder au hasard, vous pourriez surtout perdre du temps (et de l’argent) en essayant de soigner votre être aimé de manière inefficace !

Soigner correctement le cerveau avec la Photobiomodulation transcrânienne :

Voici les principales informations à connaitre pour pratiquer une thérapie efficace :

Comment éclairer le cerveau ?

Pour commencer, si vous souhaitez soigner un cerveau, vous allez devoir faire de la Photobiomodulation transcrânienne et/ou intranasale. C’est-à-dire que la lumière émise par votre appareil de Photobiomodulation devra passer :

  • à travers le crâne, pour la Photobiomodulation transcrânienne.
  • par le nez, pour la Photobiomodulation intranasale.

Ces 2 façons d’éclairer sont complémentaires. Cependant, sachez que les preuves d’amélioration cognitive sont plus fortes concernant la Photobiomodulation transcrânienne. Selon moi, vous devez la privilégier. Il est très important de comprendre qu’avec cette technique d’éclairage, l’appareil devra être placé sur le crâne, directement en contact avec la peau.

L’appareil de Photobiomodulation est collé directement sur la peau du crâne

Si l’appareil est éloigné (et donc plus en contact), alors la lumière ne pourra pas pénétrer et atteindre le cerveau !

À ma connaissance, il n’existe pas d’études scientifiques utilisant des ampoules ou des panneaux de Photobiomodulation qui prouvent une amélioration cognitive. Ces types d’appareils seront donc à oublier !

« Les cabines de Photobiomodulation illuminant l’intégralité du corps délivreront des centaines de milliers de Joules, mais il n’y a pas encore de recherche sur cette méthode de Photobiomodulation pour la maladie d’Alzheimer ou les troubles cérébraux »

Michael Hamblin

Quelle lumière utiliser ?

Votre futur appareil de Photobiomodulation devra éclairer le cerveau avec une lumière bien précise. En effet, n’importe quelle lumière ne pourra pas pénétrer le crâne en profondeur et provoquer un effet biologique positif sur l’encéphale.

Pour réussir une thérapie transcrânienne, vous devrez utiliser une lumière infrarouge d’une longueur d’onde située entre 800 et 850 nm. Cette information devra être précisée par le fabricant de votre futur appareil de Photobiomodulation.

La longueur d’onde optimale serait de 810 nm, ce qui permettrait à la lumière d’améliorer sa pénétration dans les profondeurs du crâne.

Quelle dose de lumière ?

Lorsque le docteur vous prescrit un médicament, il vous précise la dose, le moment de prise et la durée du traitement.
Si vous prenez une plus petite dose que prescrit, il n’y aura surement aucun effet et vous ne guérirez pas. A contrario, si vous prenez une plus grosse dose que prévu, il n’est pas sûr que cela vous soigne… et vous pourriez même avoir des problèmes de santé.

« Plus n’est pas toujours mieux »

Alexis Wilson

C’est un peu le même principe avec la Photobiomodulation !
Éclairer trop peu ne fera aucun effet. Et éclairer trop sera inefficace (voir néfaste !).

Donc il faut scrupuleusement respecter les doses de lumière administrées lors des études scientifiques qui ont prouvé une amélioration cognitive !

La dose s’exprime en Jouls/cm²

Lors de vos séances de Photobiomodulation transcrânienne, vous devrez administrer entre 10 et 50 J/cm² sur chaque zone du crâne qui sera éclairée. C’est une large fourchette, mais elle sera affinée au fur et à mesure de l’avancée des recherches scientifiques.

Si vous commencez la Photobiomodulation transcrânienne, vous devriez commencer par de faibles doses (par exemple 5 J/cm²), observer les résultats… puis augmenter progressivement sur plusieurs semaines. Mais attention, rappelez-vous : plus n’est pas toujours mieux !

Administrer 50J/cm² sur chaque zone du crâne ne sera pas nécessairement mieux que 10J/cm²… et encore plus si c’est sur un enfant (la lumière pénétrerait plus profondément sur un jeune cerveau comparé à un cerveau adulte).
Par exemple, pour ma fille, nous administrons entre 10 et 20J/cm² selon les objectifs et protocoles en cours. Nous ne sommes jamais allés au-delà ! 

Quelles zones du cerveau éclairer ?

C’est assez compliqué de répondre à cette question, car ce qui vaut pour une personne, ne vaut pas forcément pour une autre. Tout dépend de la pathologie, des objectifs, etc. Et encore une fois, il est préférable de se faire accompagner 😉

Sachez que pour désigner des zones précises du crâne, les neurologues utilisent le système international 10-20. Ainsi, nous pouvons tous parler des mêmes zones, sans nous tromper. C’est ce que je vais faire ci-après :

Le système international 10-20

Si vous souhaitez soigner une maladie neurodégénérative (Alzheimer ou Parkinson) ou un traumatisme crânien, il faudrait éclairer le cerveau de manière uniforme. Donc par exemple vous pourriez :

  • Éclairer les zones T3, T4 et Cz lors du premier mois.
  • Le mois d’après, vous pourriez modifier les positions et éclairer F7, F8 et Fz.
  • Et le troisième mois, vous pourriez cette fois-ci éclairer T5, T6 et Pz.
  • Puis recommencer le protocole du début.

Si vous souhaitez faire progresser un porteur de Trisomie 21, vous pourriez éclairer les zones F3 et F4 (voir cet exemple).

Voici quelques informations complémentaires à savoir :

  • Nous possédons 2 hémisphères cérébraux, donc si vous stimulez une zone d’un hémisphère avec la Photobiomodulation, vous devriez alors stimuler la même zone de l’hémisphère opposé.
  • Faites 3 séances de Photobiomodulation par semaine, avec 48h de repos entre chaque session (par exemple : lundi, mercredi et vendredi)
  • Les études montrent que les cheveux bloquent la pénétration de la lumière. Vous devrez donc raser les zones du crâne à éclairer !

Quel appareil choisir pour réussir sa Photobiomodulation transcrânienne ?

Le choix de l’appareil sera un élément crucial pour réussir votre thérapie ! Pourquoi ? Rappelez-vous, un peu plus haut dans cet article, nous avons parlé de la dose de lumière à administrer : éclairer trop peu, ou trop, n’aura aucun effet. Donc pour contrôler et calculer les temps d’éclairage en fonction de la dose souhaitée, il nous faut un appareil précis et une puissance annoncée fiable. C’est pour cela que les caractéristiques d’une machine destinée au grand public devront être vérifiées par une tierce personne (voir plus bas dans les sources).

Sans rentrer dans les détails, sachez juste que les services marketing des fabricants d’appareils de Photobiomodulation destinés au grand public ont tendance à grossir les chiffres. C’est donc problématique pour nous ! Il nous faut les vrais chiffres. J’insiste sur ce point, c’est crucial !

Un seul mot d’ordre : la précision

Voici les caractéristiques qu’il est important de connaître :

  • La superficie (cm²) d’éclairage de l’appareil, qui devra être comprise entre 10 cm² et 30 cm² (ainsi il ne chauffera pas).
  • la puissance (W) d’éclairage émise.
  • l’irradiance : elle devra se situer entre 20 mW/cm² et 50 mW/cm².

Avec ces informations, vous pourrez calculer le temps d’exposition en fonction du dosage souhaité.

Certains appareils envoient la lumière en continu, tandis que d’autres proposent aussi un mode de lumière « pulsée » en 10 Hz ou 40 Hz. C’est-à-dire que la lumière clignote très rapidement (10 fois par seconde, ou 40 fois par seconde). Si elle est disponible, cette option est intéressante car cela permettrait de réduire le stress chez le patient (pour le 10 Hz) et d’augmenter la concentration (pour le 40 Hz). Encore une fois, l’objectif de cet article est de vulgariser sans vous noyer dans les détails techniques.

Ce qu’il faut retenir pour réussir sa thérapie :

Pour résumer, voici ce que vous devez absolument respecter si vous désirez soigner un cerveau à l’aide de la Photobiomodulation :

  1. Effectuer des séances de Photobiomodulation transcrânienne.
  2. Le dose de lumière administrée se situera entre 10 et 50 J/cm².
  3. L’irradiance de votre appareil devra se situer entre 20 mW/cm² et 50 mW/cm².
  4. Pour les appareils de Photobiomodulation grand public, les chiffres annoncés par le constructeur devront être vérifiés par une tierce personne.
  5. Mettez en place un protocole qui définit les zones du crâne à éclairer, et rasez les cheveux de ces dernières.

Ma sélection d’appareils compatibles pour réaliser une Photobiomodulation transcrânienne :

Le marché de la Photobiomodulation est en plein BOUM et il y a énormément d’appareils de disponible… mais 99,9% sont incompatibles avec la Photobiomodulation transcrânienne ! Cependant, vous trouverez ci-dessous une (trop petite) liste d’appareils compatibles, qu’il est possible d’utiliser pour soigner un cerveau. J’étoffe ma liste au fur et à mesure de mes recherches. Cela demande beaucoup de temps car il faut bien analyser les informations techniques des appareils, et s’assurer que les chiffres annoncés soient bons. Si vous avez repéré de votre côté un appareil qui pourrait correspondre, alors n’hésitez pas à me le faire savoir dans les commentaires ! Je précise que je n’ai aucune affiliation avec une quelconque marque.

MedX Home :

Appareil de Photobiomodulation MedX Home

C’est l’appareil que j’utilise personnellement. Il est de qualité professionnelle.

Les chiffres :

  • La documentation technique indique une énergie délivrée de 1 J/cm² en 22,2 secondes
  • L’irradiance est de 44,48 mW/cm²
  • La zone d’éclairage de 22,48 cm²

Voici les temps d’éclairage en fonction du dosage :


Lampe infrarouge BESTSUN IR-850 :

Lampe torche Bestsun IR 850

C’est une lampe torche infrarouge destinée à la vision nocturne… cependant ses caractéristiques lui permettent d’être utilisée pour notre thérapie !

https://www.amazon.com/gp/product/B07LGXBRVQ

Attention, cette option d’achat n’est à envisager que si vous avez un gros problème de budget ! Ce n’est vraiment pas la solution que je recommande, mais ma liste se doit d’être la plus exhaustive possible et de prendre en compte les parents/conjoints qui sont démunis financièrement.

Les chiffres :

  • L’irradiance est de 54 mW/cm²
  • La zone d’éclairage de 5 cm²

Je trouve que la zone d’éclairage est un peu petite, mais au vu du prix, il est envisageable d’acheter plusieurs lampes et de les attacher entre elles.
Un grand merci à John Iovine d’avoir effectué ses mesures et pour ses précieux articles.

Voici les temps d’éclairage en fonction du dosage :


Appareil de Photobiomodulation fait maison ?

Un homme utilisant un appareil de Photobiomodulation DIY

Je vous déconseille d’utiliser un appareil de Photobiomodulation « maison » (en anglais : « Do It Yourself »). En cherchant bien, vous pourriez trouver quelques tutoriels sur Internet qui vous expliquent brievement comment construire un appareil à l’aide d’une guirlande de LED rouges… Il sera impossible d’avoir des caractéristiques précises et donc il sera impossible de calculer les temps d’éclairage. Il y a aussi de grandes chances que la puissance soit insuffisante pour que la lumière atteigne le cerveau. Bref, vous n’obtiendrez aucun résultat à part un effet placebo.


Prochainement d’autres appareils seront ajoutés à cette liste !

Je cherche actuellement d’autres appareils qui sont accessibles pour le grand public. Je les ajouterai au fur et à mesure de mes recherches.


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Les sources scientifiques :

Tierce personne :

Tester un appareil de PHotobiomodulation n’est pas simple, il faut le savoir faire et les bons outils. Vous trouverez ci-dessous quelques liens vers des sites Internet de qualité où il est possible de trouver des chiffres fiables.

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